Les vieux fourneaux – (Lupano / Cauuet – Dargaud)
Un putain de carton. 5ème série des ventes 2017 (Gfk Angoulême 2018) pour une œuvre immense, toute fraiche (2014 – en cours), méconnue du grand public. La série n’est devancée que par les derniers albums d’Astérix, Titeuf, Tintin au pays des soviets et Le Chat. Mais ceci n’est pas un argument pour te dire à quel point cette BD est un bijou. Non, pour moi elle représente bien plus que cela. Cette histoire parle d’un graal, d’une quête supérieure donnant sens à la vie : l’amitié.

Si tu veux connaitre l’histoire, ben va sur Google, y’a déjà 4 tomes et ce serait trop long de te les raconter ici. J’suis pas totalement un enfoiré, alors j’t’en dis quelques mots quand même : ça parle de vieux, d’amitié, d’amour, de jeunes, de ZAD. De la vie, de la mort. Tu rêves, tu te marres ; tu te reconnais, t’es gêné ; tu te projettes, t’es triste. Puis tu ris à nouveau.

Le talent de la plume de Wilfrid Lupano s’exprime à plein (dans la lignée de L’homme qui n’aimait pas les armes à feu), c’est rythmé tout en sachant parfois prendre son temps, sans nous prendre pour des cons en étirant les situations. Les protagonistes sont tous exquis, parfaitement posés, on s’y attache immédiatement tant ils sont réels, tout autour de vous. Le récit, ciselé, est mis en lumière par un dessin hyper stylisé, à cheval entre les époques pour ne former qu’un avec l’histoire. D’apparence un peu sec, c’est bien tout le contraire qu’il exprime au fur et à mesure des pages. L’œuvre de Paul Cauuet. Une belle découverte pour moi.
L’univers créé par le duo est riche de détails, on aime relire chaque tome pour en trouver toutes les finesses, un Spin-Off est même déjà sorti (Le loup en slip, plutôt jeunesse mais du tout bon). Une « success story » que te dit le monsieur.

Mais venons-en au fait : pourquoi te parler de cette série plutôt qu’une autre ?
Il est vrai qu’elle est en cours, ce qui pourrait être un motif pour attendre un peu avant d’en parler. Certes. Mais j’ai envie de te faire partager la souffrance que j’éprouve à chaque période d’attente séparant la sortie du nouveau tome.
Je veux que tu connaisses ces moments où je me suis dit « Putain mais cette meuf c’est trop moi ! », ou bien « Chérie, quand je serai vieux je veux être comme Pierrot ou tu m’euthanasies ! ».
Car oui, la première vertu de ce bonbon est de t’enthousiasmer, toi, lecteur, provoquant une irrépressible envie de vivre pour se construire un 4ème âge comme celui de nos 3 héros.

Pierrot, Mimile, Antoine, je vous kiffe ma mère (qui pourrait être votre fille).